vie mort

Ah le Printemps se montre doucement le bout du nez! Et voilà que nous sommes heureux à l’idée que la nature se réveillera d’ici peu! Et cette année 2017 que nous accueillons à bras et à cœur tout grand ouverts, nous suggère de voir au-delà des apparences, au-delà de la Vie qui se cache en tout… Le Printemps est également synonyme de renaissance, d’ailleurs la fête de Pâques en est la symbolique.

Pourquoi serait-il plus difficile de mourir, c’est-à-dire de passer de la vie à la mort, que de naître, c’est-à-dire de passer de la mort à la vie ? [Jules Renard]

Mais nous ne pouvons parler de renaissance sans évoquer du même coup l’étape qui précède cette étape tant attendue.
Il n’y a pas de renaissance sans mort – sans cette étape de deuil qui se doit d’être vécue avec authenticité et lucidité.

Bien sûr, nous avons plutôt le réflexe de vouloir que le deuil s’achève et se termine rapidement afin de pouvoir passer à autre chose. Mais un deuil, ou l’accueil de ce qui n’est plus (ou ne sera plus jamais comme avant), demande de la patience, de l’amour… et surtout du temps. Qu’il s’agisse d’une fin au sein d’un couple, d’une amitié, d’un état de santé, ou tout simplement le départ d’une être cher, les étapes du deuil demeurent les mêmes.

En tant que médium de naissance, j’ai accompagné à de très nombreuses reprises des personnes vers l’autre dimension, vers un «monde meilleur». J’ai donc l’habitude de soutenir la personne en phase terminale (ou déjà décédée) à faire la paix avec ce monde de souffrance, afin de retrouver l’Amour qui guérit tout et qui rend léger. C’est d’ailleurs le rôle de ceux et celles qui «survivent» à la mort d’un proche: lui démontrer que sa vie a une valeur. Que sa présence au sein de la famille ou des amis a été importante, appréciée. Ce n’est malheureusement pas ce qui est fait pour la majorité d’entre eux, croyez-moi.

Laissez-moi vous raconter.

En janvier dernier, la mère d’une très bonne amie est décédée, et j’ai bien entendu voulu témoigner mes condoléances à la famille que je connais depuis près de vingt ans. Arrivée à l’entrée du complexe funéraire que je visitais pour la première fois, je fus bien surprise.

Soir de pleine lune, la neige était recouverte de petits cristaux scintillants de toutes les couleurs. C’était magique!
Mais plus la voiture que je conduisais s’approchait du complexe principal, plus je me sentais bizarre. Les yeux enlignés sur la route (c’est moi qui conduisais), mon amoureux-conjoint à mes côtés, je commençais à trouver le décor moins féérique.

Voilà que ce présentaient devant moi un gigantesque terrain avec cimetière, un majestueux mausolée bien entendu, ainsi qu’un édifice où les crémations sont faites sur place… Plusieurs colombariums et endroits regroupant les cendres des défunts enrichissaient le décor qui se dévoilait devant nos yeux. Des centaines et des centaines de pierres tombales parsemaient gentiment le sentier principal, et voilà qu’à peine une dizaine de mètres de la porte d’entrée du salon funéraire, s’en trouvaient à nouveau d’autres… Bien que la neige recouvrait la majorité d’entre elles… cela ne cachait pas les présences et les énergies de toutes sortes qui rôdaient autour de ces lieux.

J’étais loin de me douter qu’un lieu en apparence si paisible soit rempli de tant de présences… et de souffrances! Ces personnes rendues à leur «dernier» repos sont «censées» être en paix et reposer en paix… mais c’est toute autre chose qui alors se dévoilait.

Car voilà, il est là le problème! Nous les humains, nous n’aimons pas la mort! Nous ne savons pas quoi faire et surtout comment faire face au départ d’un être cher. Nous croyons bien faire en suivant des modes, sans toujours nous arrêter aux conséquences. Vite fait, bien fait, n’est pas nécessairement approprié au contexte de la Mort. Ou de la Vie après la Vie…

Dans notre monde vite-et-rapide, on se doit de vivre la Vie de façon efficace et performante. Et malheureusement, il en est de même pour l’étape suivant la Vie. Loin de moi de juger des circonstances entourant le départ d’un être cher, mais il serait sage d’en connaître les règles. La majorité des gens ont balayé du revers de la main les rituels religieux, les prières, un temps de recueillement. Le but n’est pas de renouer avec les aspects de la religion mais de connaître certaines règles.

Il n’est pas rare de voir une personne décéder le matin, être incinérée le lendemain, une petite prière faite… et hop, on dispose des cendres quelque part. J’exagère? À peine, malheureusement. Combien de fois on aperçoit une urne déposée sur le rebord d’un foyer, ou simplement dans un cabanon au fond de la cour, près de la tondeuse. Vous riez… cette histoire est toutefois authentique et vraie :(. C’est triste, vous en convenez avec moi.

Bien sûr, qu’il n’y a aucune faute à faire la crémation d’un corps ou d’en disposer dans un cercueil. Mais il y a des règles et malheureusement, elles sont la plupart inconnues. On croit bien faire, mais l’ignorance face à la mort nous renvoie à la Vie que nous vivons, et comment nous la vivons.

Saviez-vous qu’il est (ou serait) approprié de placer ou de retourner une partie (ou la totalité) des cendres d’un défunt dans la terre ou dans la nature? Et oui, l’humain est constitué de quatre principaux éléments : l’eau (symbolisé par le sang), le feu (l’énergie vitale), l’air (que nous respirons) et la terre. Une fois décédé, le sang ne circule plus en nous, l’énergie vitale est disparue et nous ne pouvons plus respirer… mais qu’en est-il de l’élément de la terre? C’est là que tout se joue.

Bien entendu, lorsque nous disposons les cendres au travers de la nature, d’un arbre, ou même tout simplement au cimetière, l’élément terre est honoré. Mais lorsque les cendres sont disposées quelque part à l’intérieur d’une niche joliment décorée, parmi d’autres urnes quelque part dans une chapelle ou complexe…

Un problème se pose. Et croyez-moi, tous ceux et celles qui comme moi sont sensibles aux énergies des salons funéraires et cimetières, peuvent vous en parler! Bien entendu, loin de moi l’idée de faire un conseil de famille pour relocaliser les cendres… et créer un tollé de protestations… Mais il serait toutefois approprié de placer un objet qui a appartenu à la personne ou une photo dans la terre ou simplement dans la nature. Que l’on garde l’objet intact ou que l’on choisisse de brûler la photo, cela est plus ou moins important.

Vous n’aimez pas l’idée de faire ce petit rituel, et bien que cela ne tienne, il y a d’autres idées. Il n’est jamais tard ou trop tard pour manifester notre gratitude envers un défunt. Certains croient à tort qu’une fois la personne décédée, celle-ci se trouve délivrée, heureuse (enfin!) et surtout libérée de toutes souffrances.

Euh… cela s’avère plutôt une croyance – ce n’est véritablement pas une généralité. La personne décédée demeure exactement la même avec ses traits de caractères, ses attitudes et blessures que de son vivant. C’est bien malheureusement une réalité…

Prenons le temps de faire le compte de toutes ces personnes que nous connaissons de près ou de loin qui sont décédées.
Et que dire lors de la dernière année – même le monde entier a été témoin d’une quantité impressionnante de gens aimés et connus qui nous ont quittés… Bien sûr, ces même personnes ont laissé derrière elles toute une vie – un passé, une histoire, des souvenirs, tantôt heureux et parfois plus marquants.

C’est pourquoi, il serait tout à fait approprié de profiter du temps de la renaissance, le Printemps, pour alléger le fardeau émotionnel de ces personnes. On peut simplement sortir quelques photos, histoires «de nous» rappeler de temps heureux que nous avons vécus en leur compagnie…

D’ailleurs ce n’est pas par hasard que l’on peut rêver à une personne décédée, ou même si souvent y penser…
Il est fort possible que ces mêmes nouveaux-ou-anciens-morts pensent également à vous et à ces moments passés avec vous. Ces derniers peuvent avoir besoin de ces heureux souvenirs pour se rappeler qu’ils ont été aimés, appréciés, et que l’on se rappelle d’eux avec amour et joie.

Et que dire de ces personnes qui vous ont peut-être blessés (à tort ou à raison), ou que vous avez meurtris vous-mêmes par un geste ou une parole. Cela aussi peut contribuer à alléger leur fardeau pour passer à une autre étape de «leur» vie!
On peut également allumer une flamme ou un lampion en leur mémoire, histoire de leur rappeler que nous les aimons et que nous leur souhaitons «Bon voyage»! Tout simple, mais ô combien utile et apprécié.

Si chacun d’entre nous choisit de faire un geste de gratitude envers «ses» défunts, cela contribuera certainement à rallumer la flamme d’Amour pour chacun… Ce sera alors le Printemps, un temps de Renaissance pour tous! Une belle façon de dire «au revoir» à cette année 2016 qui nous a tant chavirer quelques fois… Et ce sera alors une belle occasion pour dire «bienvenue 2017» une année chargée d’espoir et de gratitude!

Enfin, pour revenir à mon histoire… Une fois la voiture garée dans le stationnement (et oui, à même le cimetière – sourire), le temps était venu d’en sortir et d’entrer au salon funéraire. Je m’entendis même dire à voix haute : «Sommes-nous vraiment obligés d’y aller?». Bien sûr, j’avais promis. Et pour cette amie, c’était sacré. Aussitôt arrivée au salon, je me mis alors à avoir mal sur le flanc gauche, si intensément que mon amie me vit du coin de l’œil et s’approcha de moi.

Me connaissant bien depuis toutes ces années, mon amie ne fut pas surprise de me voir ainsi, occupée que j’étais à scruter du regard les alentours, pour déterminer à qui ce mal appartenait. Après les échanges amicaux et les condoléances, je lui demandai alors si c’était sa maman qui avait un problème à la rate. J’appris alors que c’est un cancer de la rate qui avait eu raison de la vie de sa maman… et celle-ci en souffrait encore, même une fois bien endormie dans son cercueil.

Je pouvais le ressentir et en m’approchant d’elle, je lui rappelai qu’elle avait droit d’être soulagée de ce mal qui l’avait tant fait souffrir ces dernières années. Elle pouvait enfin se reposer et apprécier tous ces gens qui étaient venus la voir pour lui témoigner leur affection. Mais cette dernière n’était pas tout à fait seule dans le salon – ni même dans le complexe funéraire, et encore moins dans les corridors amenant à la chapelle. Bref, «beaucoup de gens à la messe» comme le dit bien une expression bien de chez nous… et tout à fait appropriée à cette histoire.

Je ne fus pas longue à quitter ces lieux, tout en pensant à toutes ces personnes que l’on accompagne vers leur dernier repos, mais qui n’est pas si reposant somme toute. Arrivée à la maison, je m’installai en prière après avoir allumé un lampion afin que ces âmes retrouvent un peu de Lumière et de Paix… Et leur promettant que j’allais vous en parler. Ensemble, nous pouvons apprendre à vivre sereinement l’étape de la Mort… vers la Renaissance.

Une petite phrase simple à leur rappeler : «Sois en paix, et suis ton chemin»…

Pour en connaître davantage sur les étapes de la Vie après la vie, un atelier d’une journée se tiendra à Laval le 1er avril.

EN SAVOIR PLUS

Plusieurs trucs et conseils se retrouvent également dans le livre Médium un jour, médium tous les jours – manuel pratique du semeur d’espoir, tome 1.

Je nous souhaite un magnifique Printemps! Soyons heureux!

©2021 Johanne Lazure | création du site : ChampionWeb.ca

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