Médium un jour, médium tous les jours (tome 2)

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Extrait du Médium un jour, médium tous les jours, tome 2

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Après avoir dormi quelques heures, voilà que j’avais rendez-vous avec une des directrices de la maison funéraire pour orchestrer les détails des obsèques et m’assurer que tous les papiers dont j’allais avoir besoin étaient en ordre et à portée de main. Je connaissais bien l’endroit et tout ce qui était nécessaire pour l’organisation d’un tel évènement, car j’avais aidé Maman à préparer celles de mon père décédé quatre ans plus tôt. Il fallait faire vite, car je quittais pour un séjour en Inde dans moins de deux semaines.

Après les présentations d’usage, je donnai les consignes précises à la directrice, afin que les dernières volontés de Maman soient respectées. Il est d’ailleurs important de connaître et de suivre à la lettre les volontés du défunt, question de respect et d’amour pour la personne qui nous est chère. Bien entendu, plusieurs diront que cela n’a plus aucune importance puisque cette personne est dorénavant morte et qu’elle n’a plus son mot à dire… ou que de toute façon, cela ne change pas grand-chose. Et si vous saviez!

Combien de fois j’ai été témoin de l’insatisfaction, voire de la colère vécue par la personne décédée à qui on n’avait pas répondu aux attentes lors de ses derniers moments, tant pendant l’exposition au salon funéraire, les funérailles que lors d’un contact quelques temps après.

Voilà une autre occasion pour nous arrêter et réfléchir à ce qui peut faire plaisir à la personne qui a vécu un moment terrestre en notre compagnie, question de respect mais surtout pour pouvoir lui démontrer l’importance de sa présence dans notre vie. Tous les détails d’une homélie faite en l’honneur du défunt, de l’organisation des funérailles ou tout simplement une petite prière faite à l’intention du défunt peuvent largement faire une différence pour la suite de son parcours. J’aurai l’occasion d’en reparler plus loin dans ce livre.

Maman avait toujours signalé ne jamais vouloir vivre la crémation (terme plus joli qu’incinération). Elle avait horreur du feu et l’odeur suffisait à réveiller un bouton d’alerte intérieur (sourire), qui ressemblait même à de la panique! Non, elle allait être mise en terre à l’intérieur d’un cercueil. Point final! De plus, une jolie photo d’elle bien encadrée allait être déposée sur le cercueil qui allait demeurer fermé en tout temps. On allait se souvenir d’elle comme elle était de son vivant. Depuis toute petite, j’avais entendu ses consignes, si bien que je me fis un devoir de m’en rappeler et de les mettre en application (autre sourire). Sacrée Maman!

Les détails de la cérémonie finalisés, je fus invitée à visiter la salle des cercueils. Mon conjoint Denis m’accompagnait et il savait combien j’allais apprécier l’exposition… Il se fit rassurant et ensemble nous prîmes le temps de tous les regarder, un à un, afin de choisir celui que Maman allait aimer.

À quelques reprises, je fus surprise de voir qu’en apparence, certains cercueils étaient entièrement vides… mais dans la réalité, j’ai aperçu deux «nouveaux morts», un homme et une femme, se coucher à l’intérieur de plusieurs cercueils, pour les essayer et enfin faire leur choix. Comme il est tout à fait normal d’essayer une paire de chaussure, on doit reconnaître l’importance pour certains «d’essayer son cercueil», qu’en pensez-vous? Je souris encore aujourd’hui en me rappelant ce détail. Ils avaient l’air si occupés à entrer dans l’un, pour finalement en sortir afin de se coucher dans l’autre, qu’ils se sont à peine aperçus que je pouvais les voir. Une autre petite scène cocasse dont je fus seule témoin, du moins en apparence!

Notre choix s’arrêta sur un cercueil de tissu bleu pâle, comme le «bleu de Marie». J’étais sûre que Maman allait l’apprécier; il était original et il avait belle apparence. «Il faut être beau pour les occasions importantes!» phrase que j’ai entendue une bonne partie de ma vie. Tout allait être beau et à la hauteur de ses attentes, je m’en faisais un devoir!

Il restait les fleurs à commander, les chansons et la musique à choisir et mon amie Carole à appeler pour m’assurer qu’elle puisse être disponible pour chanter lors des funérailles qui allaient se dérouler dans quelques jours. Ma belle amie à la voix d’or est non seulement une complice depuis maintenant plus de 25 ans, mais c’est elle qui a chanté à toutes les funérailles de personnes de notre famille. Sa présence et sa voix sont réconfortantes, et Carole est une belle personne au grand cœur, avec une âme généreuse qui sait faire du bien, tout simplement. Elle ne compte plus les nombreuses heures de bénévolat qu’elle a offertes depuis toutes ces années, tant au sein de sa communauté par le biais des loisirs que tout autour d’elle. On peut compter sur elle en tout temps. Merci à toi belle Carole de faire partie de notre vie!

Il était près de midi quand je retournai auprès de Maman. J’avais pris soin d’appeler les infirmières plus tôt le matin pour connaître son état, qui était demeuré stable depuis la nuit précédente. Tout était pareil. Elle continuait de recevoir la médication de confort, elle dormait paisiblement. Elle se préparait tout doucement au grand départ. J’avais encore un peu de temps devant moi pour la finale. Comme j’animais un groupe en soirée et que je ne pouvais pas reporter compte tenu du peu de temps qu’il me restait avant le voyage en Inde, je choisis d’y être présente mais de prendre congé un peu avant la fin. Nous allions écourter le temps d’une heure. Les élèves étaient au courant, tout était parfait.

L’atelier pris fin vers 21h00, ce lundi soir et quinze minutes plus tard, j’étais de retour au chevet de Maman. Je savais intuitivement que c’était la fin, ce n’était qu’une question de temps.

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